Mercredi 19 septembre 2007

Il est 21 heures, le gnome ronfle
depuis une heure, j'ai mangé, débarassé la table et balayé, et mon Homme joue au tennis virtuel ... j'ai donc quelques instants de libres pour écrire, alleluïa !
Je vais donc vous parler du nouveau stade que traverse mon gnome, celui des questions. Rassurez-vous, mon gamin ne philosophe pas en se demandant
"qui suis-je, où vais-je, d'où vient le monde
..." il reste bassement matériel : "
qu'est-ce que c'est ça ? C'est quoi ce bruit ? Pourquoi ça fait ça ?"
Quand le gnome s'est mis à poser ses premières questions, j'étais fière comme un bar-tabac. Je me plaisais à le voir si curieux de tout, si éveillé, et je m'éforçais de répondre à
toutes ses questions, en détail, mais avec des mots simples, façon vieille instit chiante.
Puis est venu l'étape des questions dont on n'a pas la réponse. Non pas parce-que je suis inculte, oh grand Dieu non ! Mais tout simplement parce-qu'on ne peut pas répondre à tout. Par exemple,
voici le genre de questions auxquelles j'ai eu droit en me balladant en ville :
"Et comment il s'appelle le monsieur ? Et où elle va la dame ? Et qu'est-ce qu'il fait avec sa main le monsieur ?
Et où il va le camion ? Et pourquoi la dame elle a des cheveux noirs ? ..."
Inutile de le préciser, le gnome n'accepte pas la réponse
"je sais pas" , pourtant je lui ai dit
sur tout les tons : le
"Je sais pas, chéri", tout désolé, le
"je sais pas !" plus ferme, le
"oh mais je sais pas, tu me fatigues à la fin !" impatient, et puis pour finir
le
"purée, tu me pose encore une question à la noix et je te dépose dans une benne ordures" qui est aussitôt suivi par "
c'est quoi une ordure ?"
Finalement, pour avoir la paix, j'invente des réponses, et je dois avouer que ça m'amuse beaucoup, et ça donne des conversations surréalistes. Exemple :
"Et comment il s'appelle le monsieur ?
-Raoul Duschnok.
-Et où il va ?
-A l'hôpital.
- Pourquoi ?
-Se faire amputer un troisième bras qui lui pousse dans le dos."
"Et à qui elle téléphone la dame ?
-Aux objets trouvés, elle a perdu sa culotte.
- pourquoi elle a perdu sa culotte ?
- Parce-qu'elle s'est baignée toute nue dans le port et un chien a mangé ses habits."
L'inconvénient avec mes histoires farfelues, c'est que mon gnome veut vérifier mes dires. J'ai donc droit en boucle à "
Veux voir le bras du Monsieur" ou "
veut voir où elle est
la culotte à la dame". Sans compter que le gnome est un cafteur, il rapporte tout à sa nounou le salopiot ! Alors mes histoires de dames nues et d'amputations, ça fait mauvais genre quand
même.
Ca c'est un autre stade que traverse le gnome : celui de vouloir tout vérifier par lui-même.
"Attention ça brûle !
-Veux voir le ça brûle !"
"Ne fouille pas dans mon sac à main, il n'y a rien d'interessant.
- Veux voir le rien-d'interessant !"
"Ne crie pas, ça me casse les oreilles !
- Veux voir tes oreilles qui sont cassées"
Je sens qu'il va me falloir beaucoup, beaucoup de patience pour traverser cette période sans déposer le gnome dans une benne à ordures ...
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