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Mercredi 10 octobre 2007
Cet article fait suite à celui intitulé halte-garderie (1), dingue non ?

Mardi, après la sieste du gnome, nous sommes allés à la halte garderie pour la première heure d'adaptation. Le gnome est tout content d'avoir plein de jouets à sa disposition, et des enfants avec qui monologuer (ça va le changer de constater que certains n'en ont rien à carer de ses longs discours sur les camions et les tracteurs ...)
La puéricultrice me salue, et place une chaise dans un coin, en me disant, "s'il vous plaît, restez là, laissez votre fils découvrir l'endroit par lui-même, il doit comprendre que c'est un lieu pour lui, pas pour sa maman"
Comme je suis du genre "élève modèle qui ne moufte pas quand la maîtresse parle" je m'exécute sans protester. Mais je constate vite que le coup de la chaise dans le coin,c'est pas une super idée.
Le gnome a le nez qui coule, la puéricultrice, que nous appelerons Josette, lui dit "attends, je vais te moucher" et là le gnome se tourne vers moi, avec un tremblement de menton qui ne laisse rien présager de bon, et dit d'une petite voix "non, c'est maman qui mouche" , moi, je hausse les épaules d'un air impuissant, et alors que Josette approche son mouchoir, les protestations se font plus féroces "Nooooooon, c'est Maman qui fait, pas toi la dame !!!" suivis de moultes pleurs entrecoupés de hoquets, et de regards réprobateurs en ma direction, l'air de dire "et toi, qu'est-ce que tu fous ? Tu peux pas te remuer la couenne pour t'occuper de moi ?" 
Josette, imperturbable, termine son mouchage, puis sort un nouveau jeu qui captive l'attention du gnome ... jusqu'à ce que ce soit le moment du goûter, et que le gnome constate que je ne vais pas m'assoir à table avec lui, mais que je reste vissée sur ma chaise. Après 5 minutes de hurlements, de "Mamaaaaaan, vieeens ! " je vais craquer et me lever, Josette le sent, et me lâche "bon, ben venez alors ! Mais la prochaine fois, c'est moi qui donne le goûter, hein Jean, c'est pas pour les mamans ici !"
Là, je comprends le malaise. Josette a vu ma profession sur la fiche d'inscription : instit. Josette se dit que je suis de cette espèce qui ramène sa science toute les 2 minutes, qui croit mieux faire que les pros, qui se mêle de tout sous prétexte qu'elle a lu 2/3 bouquins, bref, une chieuse quoi. Je la comprend Josette, quand je lis "instit" ou "puéricultrice" ou "éducatrice" sur les fiches de mes élèves, je sais que j'ai de grandes chances de m'entendre dire que je ne sais pas m'y prendre avec leurs rejetons.
Josette veut faire passer le message que ici  c'est elle la pro, et qu'il faut que je lâche les baskets du gnome, et vite.
Ben tant qu'à faire, j'aurais préféré partir que de rester cloutée sur ma chaise. Partir 5 minutes hein, juste pour que le gnome comprenne que c'est un endroit où Maman s'en va, mais qu'elle revient vite. Parce-que là, je ne pense pas que le gnome ait compris pourquoi passé la porte d'entrée, j'avais perdu l'usage de mes bras et jambes.
Du coup, après cette heure de torture d'adaptation, j'ai demandé à Josette si ça ne posait pas de problème que la prochaine fois on zappe la chaise dans le coin, que je dépose Jean et que je parte 5 minutes, puis je reviens le chercher. Mais bon, c'est vous la pro, hein, moi je sais pas, comment vous faites d'habitude ?
Josette a dit d'accord, elle m'a même proposé de téléphoner avec mon portable une fois la porte passée, et de revenir s'il pleure, ou de prolonger mon absence s'il joue.
Donc demain, on y retourne, et on va voir si cette nouvelle stratégie s'avère payante. De toute façon le gnome n'est pas traumatisé puisqu'il ma demandé "quand est-ce qu'on va à la garderie avec les dames et les enfants ?"  quand je lui ai dit qu'il irait à la garderie et que moi j'irais acheter le pain, il n'a pas eu l'air plus contrarié que ça. Maintenant si je vois son menton trembler demain en le laissant, il va falloir que je prenne mes jambes à mon cou, et que je file avant que me prenne l'irrépressible envie de le prendre sous mon bras et de le ramener à la maison !

Et je jure que jamais plus je ne me moquerai de ces mamans de petits qui à l'école font des adieux larmoyants et interminables à des enfants en larmes ... qui dès que leur mère a le dos tourné se mettent à jouer comme si de rien n'était, bande d'ingrats !

Et jamais plus je ne porterai de jugement hâtif au vu de la profession des parents !
par mère indigne
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