
Ce matin, je n'ai rien de mieux à
te raconter que la nuit pourrie que je viens de passer. Tout avait plutôt bien démarré pourtant : j'étais gavée d'antibiotiques et d'analgésiques (parce-que je me tape une pyélonéphrite,
figure toi), j'étais dans les bras de mon Homme et je sombrais doucement dans un sommeil réparateur, quand j'ai cru entendre un petit couinement.
Dans un mouvement réflexe, j'ai remonté la couette sur mes oreilles et je me suis un peu plus enfoncée dans mon lit. Puis, mon cerveau s'est brusquement remis à fonctionner : et si le couinement
venait du gnome ? Je tends alors l'oreille. Je n'entends que le souffle de mon homme dans ma nuque, tiens, il souffle fort ce soir, on dirait un buffle, rha et puis il m'empêche d'entendre un
éventuel couinement. Je m'éloigne donc un peu, et je mets mes oreilles bioniques en marche. En effet, j'entends bien un faible petit
ouiiin, mais alors très faible.
Là mon cerveau passe en deuxième vitesse : qu'est-ce que je fais ? Si le gnome avait vraiment un souci, il braillerait franco, donc je peux rester au chaud. Oui, mais s'il est tellement faible ou
malade qu'il ne peut pas plus qu'un couinement pour m'appeler, il faudrait que je me bouge le gras pour aller le voir non ? Oui mais si c'est rien, je vais le réveiller pour de bon, et là pour le
rendormir, walou. Oui mais là de toute façon je ne dors plus, j'ai même plus du tout envie de dormir, je suis fraîche comme la rosée ... oui mais je resterais bien au chaud sous la couette
parce-que ça caille dans le couloir.
Tu l'auras compris, après toutes ces tergiversations, le couinement avait cessé. Mais moi, plutôt que de me rendormir illico, je me suis dit : argh, il couine plus le con ! C'est qu'il mort ! Donc
je me suis levée d'un bond, j'ai traversé la chambre en un flash (enfin un flash qui se tamponne dans la commode, faisant surgir un
gné ? du fond du lit ou gît mon Homme), je
déboule en trombe dans la chambre du gnome, qui ouvre doucement les yeux et me dit
"Ca y est, on peut ouvrir le calendrirer Maman ?"
-Non Bilou, c'est pas l'heure, maman voulait voir si tu dormais bien.
- ça y est, j'ai fini dodo moi !
- Non, il faut dormir encore un peu, c'est la nuit.
- mais je veux plus dormiiiiir !!!"
Bon, je te passe l'heure qui a suivi, hein, tu vois le topo. Disons qu'à trois heures du mat' la maison est à nouveau silencieuse, je sombre doucement
dans le sommeil ...
ouinnn
Oh nom de diou ! Me revoilà assise sur mon lit à écouter ... je me rapproche de mon Homme :
grumpf, pfffff, ouinnnn, grumpf , pffff, ouiiiiinnnn, grumpf, pffffff, ouinnnn
Ca y est, je la tiens la responsable de ma nuit de merde ! La narine droite du Père Indigne !
Et figure toi que plutôt que d'éclater le nez de mon homme à coups de tatane, j'ai pris sur moi, et je me suis rendormie avec le traversin bien plaqué sur les oreilles, et j'ai eu l'élégance de ne
même pas aborder le sujet au petit dej.
Elle est pas sympa la mère Indigne ?
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