
Permettez-moi de parler au nom de mon
gnome, qui du haut de ses 3 ans-moins-un-mois excelle dans une discipline pourtant complexe : l'esquivo-remontrance, ou l'art d'éviter de se faire gronder en embobinant son entourage par d'habiles
stratagèmes ...
Le gnome perfide a développpé tout un assortiment d'astuces pour se tirer des situations les plus scabreuses avec le moins de dommages possibles :
n°1 : l'appel à la rescousse d'un ami imaginaire.
"C'est pas moi, c'est Mouk !". Cette technique présente l'inconvénient majeur de ne fonctionner qu'une seule fois, où Mère Indigne, prise
de court, éclate de rire devant tant d'ingéniosité et de naïveté mêlées. Bizarrement, cette technique a ensuite le chic d'agacer Mère indigne au plus haut point.
n°2 :
"Papa a dit que je peux" fonctionne moyennement, car Papa est rarement présent au moment de la bêtise, donc c'est peu crédible. Et la Mère Indigne n'est pas dupe, elle ne croit
pas que le Père Indigne ait pu autoriser le maniement du couteau à pain super tranchant.
n°3 : Le regard de chien battu, avec tremblement du menton et yeux larmoyants. Technique qui fonctionne à merveille auprès des grands-parents, et qui peut même rapporter un bonbon alors qu'on vient
de faire une bêtise ! Le top ! Malheureusement, n'a pas d'effet sur la Mère Indigne.
n°4 : Idem que la technique n°3, avec en plus un discours de repentance :
"S'il te plaît Maman, toi t'es pas fâchée, hein ? Moi je ferais plus, moi suis triste que tu grondes. Moi veux un
câlin." A fonctionné jusqu'au jour où Mère Indigne a fait un câlin au gnome devant le miroir de la salle de bain, et a vu son regard mauvais et le sourire satisfait d'avoir arnaqué sa
mère en beauté.
Ce midi, donc, aucune de ces astuces ne m'a attendri lorsque je me suis retrouvée avec du café bouillant me brûlant les cuisses, alors que j'avais expressément demandé au gnome de jouer un peu plus
loin et de faire attention à ma tasse.
Pendant qu'il était au coin, et que de mon côté je me tartinais allègrement de pommade tout en me demandant quel vêtement j'allais pouvoir supporter sur mes cloques naissantes (horreur, je ne peux
porter que mon jogging immonde dont je parle
là ) le gnome a mis au point un scénario de réconciliation. Aussitôt sa
punition levée, il est allé chercher sa mallette de docteur, et m'a dit d'un air grave :
"attends, moi vais te soigner maman, t'auras plus de bobo" Et alors que je commençais à fondre et
que je disais à mon futur medecin préféré que j'avais mal aux cuisses ... OUAILLE !!! Le gnome m'a achevé en me tapant sur les cloques avec son thermomètre en plastique.
"Tiens Maman ! Ca va te
soigner !" qu'il disait !
La seule astuce pour que je lui pardonne : faire une très looooooongue sieste cette après-midi !