Ma mère utilise souvent ce proverbe très optimiste (et très classe) : " La vie est un grand plat de merde que tu dois manger à la petite cuillère".
Moi je dirais plutôt, "La vie est un grand jardin qui sert de chiotte au chien du voisin, et tu ne sais jamais quand tu vas mettre le pied dans le caca."
Ce matin, c'est le gnome qui a mis les pieds dedans. Enfin les genoux pour être précis. Il ne s'en est pas rendu compte, vu qu'il a passé 2 ans et demi de sa courte vie à baigner dans une odeur de
caca, mais moi j'ai tout de suite senti que quelque chose clochait dès qu'il est entré dans la cuisine.
Je lui ai ordonné d'enlever ses baskets sur le champ, mais l'odeur persistait et le suivait partout, jusqu'à ce que je me rende compte que ce n'était pas juste de la boue qu'il avait sur les
genoux.
Je suis donc allée faire un tour dans mon nouveau jardin en scrutant le sol de près, et force est de constater que le chien des voisins passe quotidiennement faire ses besoins autour de MA
maison.
Et tout à l'heure, alors que je regardais par la fenêtre, ce grand couillon de chien, un truc énorme avec des poils tellement longs qu'ils font des dreadlocks, est venu se poster devant moi, il m'a
regardé droit dans les yeux, et s'est accroupi.
Moi derrière ma fenêtre, je gesticulais comme une dingue en criant "shou, shou, dégage !" pendant que ce gros niais de cabot faisait sa grosse commisssion tranquillement, avec ce regard
vide et satisfait propre à tout être vivant qui se soulage.
Je me suis dit qu'il fallait que j'en parle à mes voisins, enfin, que je fasse une petite allusion gentille parce-que je veux pas me les foutre à dos tout de suite, et j'ai donc préparé un petit
speech tout innocent à sortir le jour où je les croiserai.
Et en vidant ma poubelle au container (oui, je sais j'ai une putain de vie trépidante), qui que je croise ? La voisine ! Je me prépare psychologiquement à faire une allusion discrète sur son gros
clébard sans passer pour autant pour une hystéro, quand je bloque sur ça :
Mon Dieu, c'est pas possible d'avoir des ongles pareils et de s'en servir pour manier des sacs poubelles, me dis-je, oubliant pour le coup de parler du chien, d'autant qu'ensuite j'ai bloqué sur
les chaussure de la dame, à savoir ça :
sauf qu'en vrai elles étaient blanches avec des semelles translucides bleues, mais j'ai pas trouvé de photo.
Du coup j'étais tellement occupée à me dire que quand même, c'est pas possible de porter des pompes pareilles et de trouver ça beau, si ? Noooon - que voilà, je n'ai pas abordé
le sujet du chien, et je m'en suis tenue à des banalités sur la météo.
Une fois rentrée chez moi, je me suis dit que j'avais une drôle d'impression de déjà-vu, que ma voisine me rappelait quelqu'un. J'en ai fait part à l'Homme qui m'a tout de suite sorti "c'est la
sosie de Cindy Sander"
En effet, il avait raison, mais il y avait autre chose ...
Ca vient de me revenir : elle a le regard vide et satisfait propre à tout être vivant en train de se soulager.
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