Avoir des gnomes, c'est accepter l'idée de vivre avec une trouille permanente au ventre.
Dès que les 2 petits traits roses du test de grossesse du gnome se sont affichés, je me suis mise en mode "plan-vigie-pirate-culotte". Ca consiste à se rendre aux toilettes toutes les 5 minutes et
à examiner son fond de culotte dans la crainte d'y voir des traces de sang.
A la première écho, j'ai demandé au moins cinq fois au gynéco de vérifier la colonne vertébrale du tétard, et je suis allée sur internet voir si l'épaisseur de la nuque était bien dans les normes
et si l'os du fémur était conforme aux stastistiques etc etc.
Ensuite, j'étais convaincue au moindre ballonnement que j'avais des contractions, ce qui m'a ammené aux urgences à 2 reprises, poussée aussi par l'Homme, qui est encore plus angoissé que moi, c'est
dire.
N'empêche que j'avais raison de flipper, car je me suis vite retrouvée assignée à résidence, avec échographie de contrôle tous les 15 jours pour voir si mon utérus tout pourri n'allait pas me
lâcher.
Ensuite les 3 derniers mois ont été zens, puisque j'étais hospitalisée, donc entre de bonnes mains, et surtout à 2 pas du service de réanimation néo-natale, et à portée de bip d'une armée de
sages-femmes, gynécos, et pédiatres. Le pied !
Quand le gnome est né (dès que je me suis mise en position debout), j'ai commencé à paniquer parce-que je trouvais qu'il dormait trop. Quand je pense que j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps
parce-qu'il avait dormi de minuit à 9h du mat' sans réclamer à téter, et que je l'imaginais en train de crever de faim. J'aurais plutôt dû savourer cette unique grasse matinée qui n'a jamais été
renouvelée.
Dès la sortie de la maternité, c'est la trouille de la mort subite qui m'a tenaillée. Là aussi, j'en ai passé des nuits à me réveiller en sursaut et aller écouter à la porte de sa chambre, sans
oser ouvrir de peur de le réveiller pour de bon, mais en flippant parce-que je n'entendais rien. J'aurais même volontiers partagé ma chambre s'il ne couinait pas dans son sommeil, m'empêchant de
fermer l'oeil.
Ensuite il y a eu la peur des accidents domestiques. Le Père Indigne voulait que le gnome porte en permanence un petit casque rembourré pour ne pas s'exploser le crâne, moi j'étais plutôt une
flippée des placards, alors j'ai mis des sécurités partout. Ce qui ne l'a pas empêché de faire tout un tas de bêtises quand même, parce-que je l'avais largement sous-estimé, le fourbe !
Et là, maintenant qu'on a une maison avec des escaliers, je découvre un nouvel éventail de craintes. Ce qui fait que j'ai foncé chez Casto, et qu'au rayon "menuiserie/portes/fenêtres" j'ai demandé
au vendeur quelque-chose pour empêcher mon fils de passer par la fenêtre de sa chambre, un dispositif l'empêcher de descendre les escaliers tout seul la nuit, l'empêcher de descendre de son lit,
tant qu'à faire ah et puis un truc pour qu'il n'aille pas sur la route quand est dans le jardin ... Je voyais dans le regard du vendeur que je passais pour une folle furieuse, et alors qu'il me
sortait un petit bidule ridicule à mettre sur la fenêtre (alors que j'imaginais une méga barrière, ou un filet de sécurité à mettre dehors, enfin, un truc qui ai de la gueule, quoi). J'ai
timidement lâché un "ah bon, c'est tout ? et vous êtes sûrs que ça marche, hein ? Il pourra pas l'ouvrir et tomber ?" Et là, l'oeil goguenard, le vendeur me sort "ben sinon y'a
l'amputation. Vous le faites amputer des 2 jambes et y'a plus de soucis"
Cassée, la Mère Indigne !
N'empêche que j'ai quand même très sérieusement demandé un devis pour l'amputation, et là je crois que c'était au tour du vendeur de casto d'avoir peur, très peur ...
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